About a girl who lives and studies in Paris

Wes Anderson, Jason Schwartzman… just too perfect

22 avril 2008 · Laisser un commentaire

Samedi dernier, j’ai emmené les filles voir le dernier Wes Anderson, “The Darjeeling Limited“. L’occasion de parler un peu de ce film déjà culte, de ce réalisateur extraordinaire (Wes) et de cet acteur formidable (Jason).

 

 

 

 

 

Owen Wilson, Adrian Brody, Wes Anderson, Jason Schwartzman sur le tournage

 

Wes Anderson, c’est un type à l’allure folle.

 

 

 

 

 

 

 

 

Wes Anderson à Paris (by the Sartorialist)

 

Pas beau mais il attire, très british au premier abord (bien qu’il soit Texan)… qui a signé des films uniques en leur genre : Rushmore, The Royal Tenenbaums, The Life Aquatic… tous caractérisés par une mise en scène raffinée, des ralentis, des détails d’une sophistication extrême (les valises Vuitton by Marc Jacobs du Darjeeling…) et des acteurs récurrents, Jason Schwartzman, les frères Wilson, Bill Murray. Ses personnage sont souvent torturés, un peu névrosés, tendance toxico. Le site http://www.rushmoreacademy.com/ mérite le détour.

Il vit beaucoup à Paris, où fut tourné un court fabuleux, associé au Darjeeling Limited : Hôtel Chevalier. Jason Schwartzman et Natalie Portman nous régalent là d’un duo décalé et élégant.

 

 

 

 

 

 

Hotel Chevalier” (tourné à l’hôtel Raphaël à Paris)

 

Jason Schwartzman, au-dessus, c’est Louis XVI dans le Marie-Antoinette de Sofia Coppola. Sofia est sa cousine, d’ailleurs. Je voue un quasi-culte à cet acteur. J’aime son look de bon garçon propre, son Anglais élégant, il a quelque chose d’indéfinissable… 

Jason Schwartzman

En fait, je crois que je sais ce qui me plaît chez ces deux-là : ils ont un je ne sais quoi sooooo Parisien!

 

Ah! Et si vous vous rappelez du “Pianiste”, alors courez voir le Darjeeling, car Adrian Brody fait partie de l’aventure lui aussi. Je vous le dit, ce film a un casting de rêve!

 

 

 

 

 

 

 

Wes Anderson, Adrian Brody, Jason Schwartzman

 

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Piano, fumée et petits fours

10 avril 2008 · Laisser un commentaire

Hier soir, j’étais à Gaveau, pour un Concert Nouveaux Virtuoses. C’étaient ma Junior-Entreprise, Agro-Service Etudes, qui organisait la soirée. Arrivés à 19h, en même temps que deux déesses blondes en fourreau noir, qu’Ernst & Young avait assignées à l’accueil de ses collaborateurs. En effet, E&Y finançait la soirée et y avait invité collaborateurs et clients prestigieux. Au rez-de chaussée, un buffet se préparait.

Nous n’avons pas servi à grand-choses. J’avais abondamment spammé les Juniors-Entreprises d’Ile-de-France pour que les étudiants soient nombreux… Un peu de Supélec, de l’ENSAE, de l’Agro, ma fidèle amie Axelle représentait l’ESPCI…

A partir de 20h, les mélomanes arrivent. Beaucoup de femmes en vison, tous les messieurs en costume… les collaborateurs E&Y sont plutôt jeunes, 35 à 40 ans en moyenne… On aurait du glisser quelques CV dans leurs poches!

Le concert commence. Les artistes, ce soir, sont les deux pianistes Karin Lechner et Sergio Tiempo. Un frère et une soeur, une complicité totale, des virtuoses époustouflants. La salle retient son souffle. Ils ont l’air de s’amuser, se sourient et se font des signes de tête à travers les deux pianos à queue qui les séparent. Lui joue penché sur le côté. Elle semble danser sur son tabouret. Quelle tension dans leur jeu, et quelle décontraction en même temps. Je pense qu’en fait, seul le public est tendu, car il sait que sur scène, ces deux-là sont prodigieux, que ce n’est pas naturel.

A l’entracte, première tournée de champagne dans la salle de réception. Agro-Service Etudes est convié, et j’en profite pour faire entrer Axelle et son amie Mathilde, les autres Agros présents, Blandine fait entrer un de ses amis. No complexe! Du champagne – dans des coupes! Ca me sidère que pas UN SEUL traiteur à Paris n’ait le bon goût de servir le champagne dans des FLÛTES!!! Pour la Rémoise que je suis, c’est une hérésie, un manque total de savoir-vivre. Je goûte aussi un jus de fraise frais, un délice.

La deuxième partie du concert surpasse encore la première. Nicolas et moi sommes près de la scène avec deux bouquets de fleurs, attendant notre minute de gloire : monter sur scène féliciter les artistes. Il y a une drôle d’odeur. Je me dis que ça doit être le traiteur d’E&Y qui a laissé ses petits fours au four… L’odeur est forte. Tout à coup, en plein milieu d’un mouvement, une alarme se déclenche, nous sommes priés d’évacuer la salle. Arrivés en bas, panique, beaucoup partent. Cécile d’E&Y qui organisait la soirée me confie que c’est effectivement leur traiteur qui a fait démarrer l’alarme à incendie, mais qu’il n’y a rien de grave.

Karin et Sergio descendent les escaliers, bagages à la main, prêts à partir. Ils sont applaudis, dans le hall, longtemps. Mais quelqu’un lance : remontez tous, le concert reprend… Obéissants, les concertistes font demi-tour, suivis par leur public.

La salle n’est plus remplie qu’aux deux-tiers. La scène avait déjà été rangée, il faut ré-accorder les pianos, mais quelques minutes plus tard, le frère et la soeur font leur réapparition, sous les applaudissements, et reprennent exactement là où ils avaient été interrompus. 

A la fin, ils saluent deux fois, s’assoient de nouveau et nous offrent un petit mouvement supplémentaire. Ils saluent encore une fois. Nicolas et moi, bouquets à la mains, les rejoignons sur scène. J’embrasse Sergio, lui embrasse Karin. Ils retournent une dernière fois à leur clavier et se retirent sous les applaudissements nourris et prolongés de la salle.

Maintenant, direction le buffet. Décidément, je deviens experte en approche furtive de buffets. Celui-là est renversant. D’abord, dans un coin, un homme découpe sous nos yeux une jambe entière de sanglier – oui, oui, poils, sabots, tout – dont il nous offre des lamelles appétissantes. Les petits fours salés sont incroyables, ravissants, délicieux. Je m’empiffre, sans penser ni à ma ligne ni à mon régime…

Le champagne coule à flots et vite, je me sens toute légère… Les petits fours sucrés dépassent toutes nos attentes… des classiques mini-religieuses, éclairs, macarons, tartes tatins, tartes au citron, babas au rhum… et d’autres plus indéfinissables mais tout aussi exquis. Je m’aperçois qu’ils sont signés Dalloyau.

Ce soir, j’ai ruiné à jamais mes espoirs de jambes fuselées à la plage cet été.

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Envie de rose(s)…

9 avril 2008 · Laisser un commentaire

Oui, définitivement, l’hiver est fini. Mais je n’ai toujours pas rangé mes manteaux d’hiver. Certes, je ne les porte plus, mais je ne suis pas encore prête à les mettre de côté. Pas plus que les écharpes en laine qui encombrent mes placards maintenant que je me suis décidée à sortir mes foulards de printemps.

Pourquoi se fait-il tant attendre, ce printemps? La semaine dernière, après quelques soirées douces, j’ai cru qu’il s’était installé. J’ai vite déchanté. Et enroulé un châle autour de mes épaules par-dessus ma petite veste Tara Jarmon de l’automne dernier (en me persuadant que sa coupe est encore très 2008…).

En browsant mes photos, je suis tombée par hasard sur celles d’une balade avec des amis à la fin de l’été, dans les jardins de Bagatelle. C’est vert et rose, rose et jaune, jaune et blanc, blanc et rouge, rouge et vert… On sent presque le parfum qui s’exhale des corolles…

J’aime plus que tout les roses rose pâle. Parce qu’elles sont naïves comme une jeune fille, délicates et diaphanes comme elle, d’une couleur de chair et qu’elles sentent si bon… J’ai porté pendant longtemps l’eau de toilette “Jardins de Bagatelle” de Guerlain et j’y retrouve toujours l’odeur discrète  des roses que ma Maman soigne avec tant d’amour dans le jardin de la maison où j’ai grandi.

Voilà quelques-une de ces photos qui me font tant désirer le printemps : 

 

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Prague, revival baroque

9 avril 2008 · Laisser un commentaire

En février dernier, mes parents, mon frère et moi nous sommes évadés à Prague. J’ai séché une semaine de cours pris une semaine de vacances, grâce à un certificat médical factice… 

(Avoir des parents médecins procure des avantages inouïs. Une mère médecin ET shopping-addict, qui a toujours son caducée sur soi, peut se garer impunément n’importe-où et à toute heure, surtout à côté d’une boutique Tara Jarmon.)

Bref. Arrivée avec une valise blindée de vêtements judicieusement sélectionnés, chauds, mais élégants, confortables mais pas ringards, me voilà confrontée à une température plus proche de -5 que de +5°C, et à une guide tchèque increvable ; on crapahute pendant des heures, on piétine, dehors ou – pire – dans une église rococo où les chérubins tous nus, eux, ont l’air d’avoir bien chaud.

Plus le choix, adieu silhouette, il faut superposer les épaisseurs. Ma tenue de combat se compose désormais d’un débardeur en soie, d’une chemise de laine, d’un T-shirt à manches longues, d’un premier pull et d’un second pull, plus large, de deux paires de collants, d’une jupe en laine ou d’un pantalon, de bottes ou de converses. (Pas peu fière de rentrer dans mon jean slim malgré les deux collants superposés, mais je n’ose pas me regarder dans la psyché de la chambre d’hôtel).

Heureusement, mon manteau cache tout ça. Un châle, un bonnet et deux paires de gants… C’est bon. Mais quand notre guide, la pétillante Jana, nous désigne le plus fameux fourreur de Prague, nous ne nous faisons pas prier pour le dévaliser. Résultat : une chapka en vison pour Papa, en blaireau (si, si!) pour Antoine, en renard pour moi, et pour Maman qui a déjà des toques, un sublime renard argenté à nouer autour des épaules.

 

Les tchèques ne manquent pas de boutiques, leur avenue de Paris n’a que peu à envier à l’avenue Montaigne. Hermès, Vuitton, tout y est. Ah, tiens, un Zara à côté duquel une boutique Cerruti ressemble à une friperie. On trouve un Swarowski à chaque coin de rue.

 

J’essaie de repérer les spots trendy, mais notre guide est hyperactive. Un après-midi, nous réussissons à nous asseoir dans le Café Kubista, à la déco cubiste et raffinée.

Nous établissons notre QG à la Maison Municipale, une immense brasserie Art Déco, au fond de laquelle bruisse une fontaine et où, en fin d’après-midi un pianiste jazzy plaque nonchalamment quelques accords syncopés. Pas de tchèques ici ; on surprend des conversations en français, on se sourit.

D’ailleurs, mon amie Sophie est à Prague grâce à un échange Erasmus de six mois. Elle n’a pas encore de téléphone tchèque et je n’arrive pas à me connecter au Wi-Fi (inexistant) de l’hôtel : nous n’arrivons pas à nous donner rendez-vous.

 

Parlons un peu des us et coutumes locals. La cuisine tchèque… est roborative. Passons là-dessus, ce n’est pas l’un de mes meilleurs souvenirs. Le goulash, c’est folklorique, mais pas terrible, et la vache locale, ici, c’est le cochon. Le personnel des restaurants est trop très diligent, et à peine une assiette est-elle mise de côté – qu’on l’ait finie ou non – qu’elle est enlevée. Il faut donc s’y accrocher pour pouvoir la finir. Mon frère appelle cela “se faire dépersonnaliser”. Notre guide nous explique que dans son pays, il n’est pas correct de garder une tasse ou une assiette vide devant soi. Pourtant, j’aime bien ma tasse de chocolat, avec sa mousse desséchée sur le bord…

Ensuite, les transports en commun. Tout date de l’époque communiste, semble-t-il. Les tramways délabrés peinent à s’acheminer vers les hauteurs de la ville. Dans un grincement, souvent, ils s’arrêtent. Quant au métro (trois lignes, trois croisements), il faut descendre dans les entrailles de la Terre pour y accéder, par des escaliers roulants qui descendent à une allure vertigineuse.

 

Enfin, la ville elle-même est un bijou, traversée d’un fleuve (la Moldau) nommée en tchèque “Vltava” qu’enjambent des ponts, mais bien moins nombreux que nos ponts parisiens.

 

Dans les vieux quartiers, la Vieille Ville et le quartier de Mala Strana, les façades baroques et rococo s’interpellent et se répondent par leurs voix colorées. C’est une débauche de pastels, roses, verts, bleus, jaunes, et de tons vifs, rouges, orangés, ocres… 

Un tourbillon de stucs, de boiseries, de trumeaux, de linteaux sculptés, de portes ornées de ferronneries… On est surpris et sous le charme. C’est si différent de l’uniformité haussmannienne de Paris, et plus coloré que les ruelles du Marais!

 

Les églises fleurissent n’importe-où, et partout elles sont charmantes.

 

 

Par contre, la pierre est souvent noircie, comme celle du Pont Charles ou de la Tour poudrière, souillée par des années de pollution.

 

Dans le quartier juif, plus de sobriété. Ce sont les grandes avenues. Les couleurs sont plus sourdes, bien que les stucs soient aussi abondants. Les maisons sont plus hautes, des hôtels particuliers.

 

Là où s’exprime le mieux l’exubérance de ce peuple du froid, c’est dans les églises. Le rococo prend d’assaut les murs, les plafonds, les autels, les colonnes, les statues. Stucs vert et rose pastels dans Saint Nicolas de Mala Strana, qui ressemble à une vaste meringue (à une assiette de charcuterie dira mon frère, plus prosaïque). Rouge et jaune à Notre-Dame de Lorette. Les chérubins, toujours, potelés, presque menaçants tant ils sont nombreux.

 

Dans le Château de Prague, vaste conglomérat de palais et d’églises (dont la Cathédrale Saint-Gui inachevée), au contraire, que du néo-gothique, stylisé et épuré, ou du roman. Ca détend…

 

Nous avons eu le temps de visiter trois musées. Le musée d’art moderne :

où siègent, au milieu d’artistes d’Europe centrale, quelques maîtres occidentaux, le musée Sainte-Agnès (art gothique) et le musée Alphonse Mucha. Révélation. Vous connaissez sûrement ses oeuvres, tellement popularisées qu’on en a oublié à quel point cet artiste Art Nouveau était novateur et génial. J’adore ses femmes si féminines, aux formes splendides et aux cheveux si longs… quand je pense que les miens m’arrivent tout juste aux épaules, au bout de neuf mois! 

Une semaine intense et fatigante, mais j’ai adoré cette atmosphère, cet air de bohème. Je me suis fait la promesse d’y revenir, un jour, avec The One (s’il croise un jour mon chemin!).

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Maurice de Vlaminck au Luxembourg

8 avril 2008 · Laisser un commentaire

Dimanche dernier, mon amie Axelle et moi avions rendez-vous au Sénat avec Vlaminck, un peintre fauve du début du vingtième siècle. Déroutant. D’abord, ce nom, je sais vaguement qu’il s’agit d’un peintre fauve du début du vingtième siècle. Vlaminck… On dirait un nom néerlandais. J’arrive au Luxembourg sous une pluie battante, ayant glissé sur le pavé trempé devant les gardiens de l’entrée, le jour le plus sinistre du mois de mars. Paris est gris et luisant sous l’averse. Mes ballerines, je le réalise trop tard, ne sont pas tout à fait étanches.

Heureusement, nous abandonnons parapluie et manteaux au vestiaire, et munies de nos billets coupe-file, nous accédons à la première salle.

Par où commencer? A droite, puis dans le sens des aiguilles d’une montre, on se lance au milieu des petits vieux BCBG. Subitement, l’humidité perverse s’évapore, et la magie du fauvisme opère. Axelle et moi sommes instantanément envoûtées par une palette de couleurs invraisemblable.

Au fur et à mesure des tableaux, nous comprenons mieux l’artiste. Vlaminck était parisien. Manquant cruellement de moyens, il a très peu voyagé, et a essentiellement peint des paysages d’Ile-de-France. D’ailleurs, les représentations des bords de la Seine ne manquent pas… Comment a-t-il pu voir ce même Paris, ce Paris aujourd’hui si gris et maussade, avec tant d’exubérance? 

Mis à part des paysages d’l'Ile-de-France, Vlaminck a laissé quelques portraits de femmes, comme celui de cette prostituée : 

Sa période fauve, ici, s’étend de 1900 à environ 1907. A partir de là, un changement s’opère. Sa peinture devient plus lugubre, sa palette de couleurs plus réduite et sa technique change. Beaucoup de ses toiles ressemblent à s’y  méprendre à celles de Cézanne.

Il peint plus de villages, de maisons, s’essaie à la nature morte, comme un reclus, et peint des cafetières et des pêches…

La seconde période exposée se termine en 1915 – 1916. Plus rien ne reste du fauve flamboyant des premières années. Sa technique devient plus proche du cubisme.

L’exposition s’arrête là, juste avant que la Première Guerre mondiale n’éclate. Quinze ans de sa vie, et presque autant de styles différents. Les derniers tableaux ne ressemblent en rien aux premiers.

En quittant le Sénat, j’ai des envies d’été et de soleil. Alors, je cours chez moi me faire un chocolat chaud et me sécher les cheveux…

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