Dimanche dernier, mon amie Axelle et moi avions rendez-vous au Sénat avec Vlaminck, un peintre fauve du début du vingtième siècle. Déroutant. D’abord, ce nom, je sais vaguement qu’il s’agit d’un peintre fauve du début du vingtième siècle. Vlaminck… On dirait un nom néerlandais. J’arrive au Luxembourg sous une pluie battante, ayant glissé sur le pavé trempé devant les gardiens de l’entrée, le jour le plus sinistre du mois de mars. Paris est gris et luisant sous l’averse. Mes ballerines, je le réalise trop tard, ne sont pas tout à fait étanches.
Heureusement, nous abandonnons parapluie et manteaux au vestiaire, et munies de nos billets coupe-file, nous accédons à la première salle.
Par où commencer? A droite, puis dans le sens des aiguilles d’une montre, on se lance au milieu des petits vieux BCBG. Subitement, l’humidité perverse s’évapore, et la magie du fauvisme opère. Axelle et moi sommes instantanément envoûtées par une palette de couleurs invraisemblable.
Au fur et à mesure des tableaux, nous comprenons mieux l’artiste. Vlaminck était parisien. Manquant cruellement de moyens, il a très peu voyagé, et a essentiellement peint des paysages d’Ile-de-France. D’ailleurs, les représentations des bords de la Seine ne manquent pas… Comment a-t-il pu voir ce même Paris, ce Paris aujourd’hui si gris et maussade, avec tant d’exubérance?
Mis à part des paysages d’l'Ile-de-France, Vlaminck a laissé quelques portraits de femmes, comme celui de cette prostituée :
Sa période fauve, ici, s’étend de 1900 à environ 1907. A partir de là, un changement s’opère. Sa peinture devient plus lugubre, sa palette de couleurs plus réduite et sa technique change. Beaucoup de ses toiles ressemblent à s’y méprendre à celles de Cézanne.
Il peint plus de villages, de maisons, s’essaie à la nature morte, comme un reclus, et peint des cafetières et des pêches…
La seconde période exposée se termine en 1915 – 1916. Plus rien ne reste du fauve flamboyant des premières années. Sa technique devient plus proche du cubisme.
L’exposition s’arrête là, juste avant que la Première Guerre mondiale n’éclate. Quinze ans de sa vie, et presque autant de styles différents. Les derniers tableaux ne ressemblent en rien aux premiers.
En quittant le Sénat, j’ai des envies d’été et de soleil. Alors, je cours chez moi me faire un chocolat chaud et me sécher les cheveux…







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